Adultophobie

Paul Laurendeau, ÉLP éditeur, 2009

Adultophobie raconte le sursis cruel et sans espoir des enfants Simon qui, en un beau jour ensoleillé alors qu’ils s’amusaient à la plage, sont enlevés, violentés et tués par deux pédophiles anonymes. Les deux plus jeunes ne souffriront pas bien longtemps… mais Jeannette, l’aînée des trois enfants Simon, subira intégralement cet enfer cruel qui dort au fond de nos peurs les plus sourdes. Et comme dans toute situation d’abus, seul le refuge de son imaginaire lui permettra de tenir le coup un temps dans cette inexorable descente sans retour.

Voici où nous en sommes arrivés avec nos enfants. Adultophobie est l’histoire honteuse, affreuse de ce que nous leur avons fait, involontairement mais inexorablement. Nous sommes tous, à des degrés divers, impliqués dans la hantise cruelle de cette question insoutenable: que feraient-ils à mon enfant avant de le faire disparaître? Les deux pédophiles mis en scène ici sont impalpables, insaisissables. Inhumains, ils sont pourtant profondément enfouis en chacun de nous. Comme le ver, ils habitent nos peurs sourdes, nos épouvantes ordinaires. Ils sont ce que nous ne pouvons plus éviter ou contenir. Ils sont banalisés. Ils sont ce qui transforme l’illusoire paradis moderne de l’enfance en un insoutenable enfer. Ils sont désormais un des nombreux avatars du monde adulte que l’enfant contemporain subit, envisage, affronte, contourne ou évite. La seule différence est que cet avatar-là détruit l’enfant, le broie, le nie. Nous avons perdu quelque chose de profond, de crucial et cette perte, c’est notre enfant qui la subit.

Et ce qui lui arriverait, ce qui lui arrive, à notre enfant, est décrit sans concession, sans complaisance aussi, par l’auteur qui exprime un point de vue suivant lequel la pédophilie – et le sursis sans espoir qu’elle impose cruellement à l’enfant – engendre son tragique contraire: l’adultophobie.

 

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