un poème d'Amélie Sorignet
La peur s'installe en moi comme une maladie
Elle me pénètre de part en part
Se loge dans ma tête qu'elle vide d'un trait
Elle cogne dans mon coeur et colonise mes poumons
La peur me parle tout bas et je n'entends plus qu'elle
Je la porte comme le fruit d'un viol
Qui croit et s'étire dans mon ventre
La peur m'étouffe sans me tuer
Me maintient entre vie et mort
La peur remplace tous mes sens
Un à un
Et m'isole du monde
La peur m'accompagne ainsi jour après jour
Elle m'a choisie
Elle m'a prise
Et la nuit elle se glisse dans les plus doux de mes rêves
Pour les teindre d'horreur.
Amélie Sorignet
février 2010