Dans cette bibliothèque

un poème de Bernard Bouvier


Dans cette bibliothèque, on lisait d’une façon un peu particulière. Les livres étaient remplacés par différentes planches, diversement assemblées. Le sens apparaissait en suivant de l’œil ou en effleurant du doigt non pas des mots mais les contours des pièces : jointures des houlices ou des mortaises, assemblages des queues d’aronde ou des entures. Les limites traduisaient les pensées.

Il suivait la ligne des embrèvements et des encastrements. Il longeait du doigt les lattes jumelées, les adents, carrés ou triangulaires, touchait les rainures. Et ainsi s’opérait en lui une transfusion de savoir.

 

Bernard Bouvier
novembre deux mille dix

 


 
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