une critique de Carole Gagné
Liberté,
2010, film français de Tony Gatlif, avec Marc Lavoine, Marie-Josée Croze, James
Thierree. Durée : 1h51 min.
Novembre, soir brumeux de pleine lune, sortie de filles, cinoche répertoire chez
Hector.
Titre : Liberté.
Merci Tony Gatlif, le réalisateur.
Je suis transportée par votre film d’entrée de jeu. J’aime déjà un magnifique violoniste, nommé Taloche, je baise l’eau et la terre. Je suis rapidement métamorphosée en tsigane libre, une curieuse je gambade dans la campagne, me roule dans la terre, monte à cheval et dors dans ma roulotte.
Un cinéma sincère, l’espace de ce chef d’œuvre est géant, les acteurs ne jouaient pas, ils vivaient sous mes yeux, me touchaient réellement. Comment protéger ces gens épris de liberté en période d’occupation Nazis en 1943 ? Les tsiganes considèrent les frontières comme une vue de l’esprit et leurs fantômes sont aussi sombres que le récit de notre histoire et de son triste traité de Vichy. Cette peur honteuse forgée de mains sanglantes humaines a bien fait dire à un paysan français que l’occupation Allemande permettait à la France de se défaire de sa vermine. Mais il y a aussi la dévotion d’un maire aussi vétérinaire et l’institutrice du petit village protégeant tant que soit peut ces pauvres bohémiens.
Et bien cette lutte pour la liberté, c’est tout cru l’histoire tragique des Roms.
Curieuse, absolue, funeste. Souvenons-nous, car plus personne ne voudrait être témoin de ce carnage à nouveau.
Carole Gagné
décembre deux mille dix