une critique de Carole Gagné

Orchestre La Sinfonia et Ballet Ouest de Montréal
Tchaïkovski: Extraits de La belle au bois dormant, Le lac des cygnes,
Casse-Noisette et autres oeuvres
Théâtre Hector Charland, l’Assomption
Dimanche 28 septembre 2008 à 14 h
Un tel touchant début de saison 15ième anniversaire pour l’orchestre La Sinfonia de Lanaudière et la compagnie de l’unique Ballet Ouest de Montréal, dans le sens le plus net du mot, tous deux des classiques!
Je suis une automate très excitée à l’idée de prendre vie en cet après-midi chaud et rougeaud d’automne. Capable de choisir moi-même le personnage et de me substituer pour jouer le rôle choisi. Comme tel, je suis simplement assise dans cet écrin chaleureux du théâtre Hector Charland de l’Assomption, déjà près du bonheur.
Le Maestro débute en offrant une tournée de franches rasades russes. Une ardente initiation, enveloppante comme entrelacée auprès d’un galant un soir de glace. Puis des historiettes chinoises, bonds et rebonds, sur six poésies orientales à la sauce occidentale et, grâce aux adaptations de Z. Long, les deux pôles se confondent. Bravo Maître pour l’accent chinois.
Enfin, le lyrisme bouleversant et émouvant de Tchaïkovski accompagne les premiers pas de deux. J’observe et suis rapidement hypnotisé par ces étoiles en tutu. Les danseurs m’absorbent... Ils sont soutenus par ces extraits de ballets déclenchés par le virtuose qui me dévoile l’ouverture de cette précieuse boîte à musique, m’étalant ces précieux trésors mélodiques ornés de perles luisantes et d’éclatants diamants.
Tels des androïdes dirigés par la mesure et l’interprétation douée des communications gestuelles du Chef, les chorégraphies explorent le contenu émotionnel et la portée esthétique des gracieux mouvements inspirés par les pièces de Piotr Llitch Tchaïkovski, ce Lac des cygnes enchanté à l’image de la femme, son chef d’œuvre qu'est La belle aux bois dormant et de son plus célèbre Casse-noisette. Ces pièces portent toutes d’intenses émotions!
Et je me souviens maintenant de ce fameux "coffre à bijoux" appartenant à ma mère, juché sur sa commode et dont l’alarme consistait en une jolie ballerine rose tournant sur une douce mélodie. Comment me dissocier de cette réminiscence?
Un missile de bonheur en plein cœur, et pour m’avoir ému à bout portant, j’embrasse ce romantique Russe et ses grands leitmotivs qui m’ont permis de laisser aller très loin mon imagination.
Je cite et m’inspire du beau prince à Clara : "Merci de m’avoir sorti
de mon sort".
Et tire bien basse ma révérence.
Carole Gagné
septembre
deux mille huit