un poème de Carole Gagné
Je suis la reine déchue du pays de l’émotionnel, voilà ma sentence!
Ne suis-je coupable que d’anodines frivolités, d’admirables jouissances?
Comprend bien qu’il me lorgnait langoureusement du bout de ses yeux
lagons!
Pas la célébréalité d’un obsédé textuel, mais une réelle contention.
Pourquoi je ne chercherai pas l’astre brillant, cet impur qui me
consolerai?
Il ne s’en préoccupe guère, et il semble si indifférent de mon état.
Dis à mon ange déchu, ce Belzébuth, que suite à ce tête à tête éphémère,
Qu’il peut désormais aller papillonner comme un vulgaire hémiptère.
Ne marquant que le début de mon individualité, de mon état de laisser
choir.
Désire de cette patience qui ne viendra jamais à bout de la fureur de mon
histoire.
Pas comme si c’était la dernière, il me faut avec élégance et fierté prendre
position.
Me fera-t-il souvenir à jamais l’aimantation de ses mots sur la grandeur
des frissons?
Revoir et jauger durant des heures l’intensité de nos caresses
soumises.
Il suivra encore le chemin défendu d’une proposition anodine admise.
Me soufflera-t-il encore un jour ce cri de désir mémorable et transi?
Manques et quêtes charnelles traverseront à tout jamais mon errance
infinie.
Carole Gagné
octobre
deux mille huit