Masculins pluriels

un poème de Carole Gagné


Faire sa place à travers les proies de leur brutalité
Avec leur meute en marge du cercle des consacrés
Leurs silences sont autant de coups de couteau donnés
Dont elle ne saura jamais comment se relever

La certitude qu’ils n’ont jamais fini d’étonner
Faisant fi de la frontière entre l’amour, l’amitié et s’imposer
Ils parcourent une distance dans le temps accordé
L’amitié au gré des circonstances, peuvent-ils la réinventer?

La rencontre d’une femme d’exception avec un de ces étrangers
Elle se rapproche du présent de sa vie et de son passé
Sensible, ouverte, attentive, forte, franche, attentionnée
Elle ne cherche pourtant pas de ces éloges souvent frimés
Le féminin singulier, comme une page blanche innommée
Pénètre dans l’errance des masculins pluriels fantasmés

 

Carole Gagné
deux mille huit


 
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