Onirisme toxique

un poème de Carole Gagné


Il fait froid, immensément froid, à l’intérieur de mes sordides rêves.
Il pleut, beaucoup trop, cela pourrait bien tourner à la grêle sur ma grève.
Dans mon sommeil, mon sang se glace, j’ai peur de mourir de froid.
Alors je garde cet état de veille, une reine guettant son roi.

Cachant ma colère sous mes regards de belle au bois dormant.
Prise dans ce labyrinthe où nous sommes tous enfermés à néant.
Pas mieux que toutes les folles qui rêvent de produire un philtre maléfique.
Pour rendre les autres invulnérables grâce à des potions magiques.

Je n’ai plus rien pour inspirer ma rose.
Je ne suis plus qu’une pâle métamorphose.
Étouffée sur sa parcelle de terre intoxiquée.
Qu’aucun dieu, je crois, ne viendra jamais juger.

 

Carole Gagné, septembre deux mille neuf


 
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