Robin a cent vingt ans

un poème de Carole Gagné


… à Marc

Il a vu le jour dans la ville lumière, me dit-il à la fin
Sa Marianne assouvira difficilement ce vautour 
Il scrute les sous-bois cherchant la corolle, laissant libre cours
À des frissons de l’étamine tout le long de son chemin  

Hors de sa mire, demeurez, car de ses flèches entre deux points  
Son horizon ne cache plus de pudeur entre haine et amour 
L’ombre parfois peut donner l’aspect d’un ciel changeant tout autour
La lumière produite reste tamisée, couvrant de nombreux câlins

Il entend parfois ce tam-tam de mauvais présage tout au loin 
À l’équinoxe de ses terribles cauchemars, il fait le sourd
Les yeux riants, au-delà du centenaire, ferme comme la tour
Il caresse lune de sa lueur grisâtre telle un doux satin

Je célèbre les cent vingt ans de mon bienfaiteur, Robin  
Des bois, toujours enchanté, ce bonheur me revient toujours
Me délectant et me gorgeant de ses petits fruits d’amour
Au fil des temps, son cœur errant s’enracine dans mon jardin

 

Carole Gagné
mars deux mille neuf


 
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