un poème de Carole Gagné
Je n’étais pourtant pas de plâtre et encore moins de bois.
Ouvrir ma porte sans laisser entrer cet adroit entailleur!
Comment savoir s’il pouvait bien faire quelque chose de moi?
Peut être saurait-il altérer mes défauts assez mineurs…
Il donna sensualité et désinvolture à mon marbre mat.
Grâce à ses mains magiques à faire fondre mon argile.
Moula en moi un être à la fin comblé de tous ses éclats.
Mais dont les pieds demeurèrent de consistance fragile.
Puis il polit mon cœur de verre tigré de bleu pour en devenir le gardien.
Si un jour je finissais par vouloir être aimé faudrait maintes fois le cirer.
Et alors mes lèvres entrouvertes sous un glacis de souffle sanguin.
Légèrement étourdie diront oui à la vie qu’un habile sculpteur m’eut façonné.
Carole Gagné, décembre deux mille neuf