« Macadam Cow-Boy »

un récit de CYL


Ah ces choses ... ! Choses minuscules auxquelles on tient plus que de raison – raison pure, j'entends !

Quant à moi, inventaire non exhaustif, je note : un très vieux foulard Laura Ashley, cisaillé par l'usure au point que cela en fera bientôt... deux ; le bille Waterman offert il y a vingt ans par mon aînée, objet dont je vérifie compulsivement la présence dans mon sac, à chaque sortie ; le canif tout acier qui remonte à « je n'sais plus » ; une photomaton (si réussie!) de mon homme, scellée dans l'étui Carte Orange RATP, du temps où mon ticket était encore valable (clin d'œil à Romain Gary) et puis celle de maman, au verso de ma C.N.I., qui se montre chaque fois qu'il faut justifier de ma citoyenneté. J'en ai assez fourni, je vous fais grâce du reste, qui sont petits cadeaux d'amitié sans lesquels je craindrais de flotter dans l'informe, lieu où l'on ne trouve plus d'appuis, of course...

Of course qu'on a les « boules' » ! La peur, quoi ! Il paraît : c'est courant. Le moindre succès qui vous pose efficace, est tiré aux forceps, soi-même premier surpris de s'en être sorti, une fois, deux fois et encore une – heureux quand la victoire ne vous laisse pas sur le carreau !

Entre parenthèses, mais je ne les mets pas, ça ne s'arrange pas avec l'âge : la trouille se cristallise, se fossilise, comme vous voudrez...!

C'est ainsi, mes enfants, que les grandes personnes ont aussi besoin de « doudous » : c' est mystique, presque métaphysique. Souvenez-vous du fulgurant succès de Souchon débutant : « Allo maman, bobo ! »

... Mais je cause, cause, à coup sûr comme une nana... Comment c'est, pour les hommes, derrière leur silence-bouclier, pudeur sanitaire, ont-ils les pétoches ? Ils se drapent dans leur vi-ri-li-té, et je crois que ça me plaît (par moments), cette absence de communication... Le thème abordé ici entre-t-il dans la catégorie secrète qu'on développe sur l'oreiller, après le don mutuel, l'intermède paradisiaque au coeur des petites, moyennes et grandes misères ?... Femme encore extasiée, tandis que l'homme – on dit ça – s'endort, et rêve déjà à des fétiches plus conséquents. Pas des échantillons !

Mais faisons bref (pardon), pas de liste des objets de dilection, elle est inépuisable, et même un seul d'entre eux tiendrait difficilement dans un sac de dame... Alors que leur fonction rejoint celle des petites «assurances » que je trimballe (voir « Le secret », chanson d'Elie Semoun...)

Si l'on veut bien accepter le précédent décalage, et ne pas douter de ma fierté d'être femme, les doctes (nous l'entendrons à l'unanimité),  nomment cela l'altérité. Sans que cela altère quoi que ce soit, surtout quand la subtilité divine nous a fait le cadeau des ambivalences. Ainsi donc, comment ne pas souhaiter à chacun des genres – ils et elles – de garder sa précieuse position au sein du spectre des couleurs qui composent la lumière !?...

... Parce que, sinon : « Comme un étranger dans la ville, je suis plus seul qu'une ombre »... Comme le chante Eddy Mitchel. Et bien sûr il fume, le « Macadam Cow-boy » !

La doudou-cigarette ? Je vous fiche mon billet – allez, soyons honnêtes ! – ça veut dire « S.O.S. ! Un bisou. » dix fois – vingt fois par jour...!

Qu'en diront les « ils » et les « elles »?

Qui se plaindrait qu'en France tout finisse par des chansons !

 

CYL
juin deux mille dix


 
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