un récit de Daniel Ducharme
Pas plus tard que cet après-midi, à la caisse d’une boucherie des halles d’Anjou, un homme coiffé d’un chapeau de fourrure déposa une quantité importante de viande de porc – un rôti, des côtelettes, de la couenne, etc. – sur le comptoir et, au moment de payer, dit au commis:
« L’islam n’est pas pour demain. »
Le commis qui, visiblement n’avait pas saisi la blague de l’homme, demanda:
« Pardon?
– L’islam n’est pas pour demain », répéta l’homme au chapeau en lui montrant la viande de porc étalée sur le comptoir.
«Oui, oui…», dit le commis qui, selon toute vraisemblance, n’avait pas le niveau de connaissance nécessaire à l’établissement d’un lien entre le porc et l’islam.
Déçu, sans doute, que sa blague n'ait pas obtenu l'effet escompté, l’homme à la fourrure paya en silence, prit sa viande et quitta les lieux, me permettant ainsi de payer le gigot d’agneau que ma femme m’avait demandé de lui apporter pour la fête de l’Aïd el-Kébir qui, cette année, avait lieu en décembre.
Finalement, le cours obligatoire de culture religieuse que le gouvernement du Québec, malgré la controverse, veut inscrire au programme de l'enseignement primaire, n’est peut-être pas une si mauvaise idée...
Daniel Ducharme
mai 2009