Dans un billet publié sur mon blogue en novembre 2010, j’ai écrit que l’expression était un besoin vital chez les collaborateurs d’ÉLP. Après coup, je me suis demandé pourquoi j’avais si naturellement associé l’expression à la notion de besoin. Voyons voir ce qu’il en est. En premier lieu, Le Petit Robert (1989) définit l’expression comme l’action ou la manière de s’exprimer, notamment par le langage. Suivent diverses nuances qui découlent de cette définition générique. En second lieu, toutefois, on apporte une précision fort intéressante : l’expression est ce par quoi quelqu’un s’exprime, se manifeste. De là, il est aisé de franchir un pas heideggérien en suggérant que l’expression n’est ni plus ni moins que le résultat de la manifestation de l’Être. Normal, en pareil cas, de ressentir l’impérieux besoin de s’exprimer, de venir à l’Être par le seul moyen mis à notre disposition : le langage dont l’écriture est la forme la plus achevée. Par ailleurs, en consultant la version française de Wiktionary, je constate que l’étymologie du mot renvoie au latin expressio qui signifierait « extrait en pressant », ce qui « exprime la difficulté à dire exactement sa pensée, l’embarras du langage qui doit recourir à des artifices, à des métaphores, etc. » Bref, les auteurs de cet article concluent ce que nous savions déjà : il est difficile d’exprimer par le langage ce qui repose en nous mais, puisqu’il s’agit de notre seul moyen de le manifester, nous ne pouvons faire autrement que d’en ressentir le besoin vital. À cet égard, ce site constitue un dispositif à la portée de tous.
Daniel Ducharme
décembre 2010