Le Robert (1987) définit la mort comme «la cessation définitive de la vie». À mon avis, on a tort d’opposer la vie à la mort. Le contraire de la mort serait plutôt la naissance, la vie n’étant que la durée de temps écoulée entre ces deux extrémités. Cela dit, la mort n’est pas une fin, tout comme la naissance un commencement. Si naître signifie «venir à l’être», alors comment la mort pourrait-elle être la fin de cet être? Au cours de sa vie, toute personne connaît plusieurs naissances et risque de mourir plus d’une fois. L’acte biologique par lequel on vient au monde n’est qu’un aspect du phénomène. Les rites de passage, par exemple, sont autant d’exemples de naissance et de mort, car on ne peut naître à nouveau si on refuse de mourir. Tous les renoncements qui jalonnent le parcours de notre existence sont autant d’expériences de la mort.
Daniel Ducharme
juin 2007