Les dictionnaires définissent généralement les parents comme le père et la mère d’un enfant qui, par la force des choses, vit dans la dépendance de ceux-ci pendant une certaine période de sa vie. Les parents se trouvent donc en situation de pouvoir par rapport à l’enfant qu’ils ont engendré. Certains en abusent, d’où l’expression enfants abusés qui m’a toujours semblé inapproprié pour décrire les agressions sexuelles que peuvent être victimes des enfants. Fort heureusement, en dépit des titres des quotidiens qui étalent au grand jour des histoires toutes aussi sordides les unes que les autres, la plupart des parents se comportent en parents, et non en abuseurs, élevant leurs enfants du mieux qu’ils le peuvent compte tenu du fait qu’ils vivent dans une société qui érige en valeur absolue la performance au travail. Les parents, donc, exercent une fonction – sociale, malgré tout – pour laquelle aucun mode d’emploi ne leur est fourni, si ce n’est l’héritage plus ou moins conscient qu’ils ont eux-mêmes reçu de leurs propres parents. Autrement dit, le métier de parents ne s’apprend pas dans les livres et, pour reprendre une maxime connue, j’ajouterais qu’on ne naît pas parents, on le devient.
Aucun dictionnaire n’indique le devoir d’aimer des parents souvent associé à l’instinct maternel, une notion remise en question par certains penseurs – philosophes, sociologues ou psychologues –, notamment parce qu’elle constitue un déni objectif du rôle du père dans l’éducation d’un enfant. Pour ma part, je préfère parler d’amour parental, c’est-à-dire de cet amour inconditionnel que les parents – mère et père – éprouvent pour leur enfant et qui est absolument nécessaire à l’équilibre de tout homme et de toute femme, car cet amour, que seul un père ou une mère peut donner, constitue le seul amour véritable et authentique qu’un individu peut recevoir au cours de sa vie et dont les formes édulcorées – l’amitié, le mariage, l’amour passionnel – ne saurait compenser qu’en une partie infinitésimale.
Daniel Ducharme
janvier 2008