collaborateur d'ÉLP
J’ai vu le jour difficilement à Montréal pendant l’été 1956.
C’est sur la rue de la Visitation, près du parc Lafontaine, que j’ai mes
plus vieux souvenirs. L’automne... au parc Lafontaine! Mais c'est en
bas de la rue Ontario, rue Dufresne, que se passent les jeux avec mes
premiers amis ainsi que ma première année d’école. Le feu détruisit tout
le pâté de maison d’en face. On jouait recroquevillés et bien cachés dans
les hangars, avec des rouleaux de pétards rouge pour mettre dans les
petits guns de plastique dure. Avec un marteau l’effet était
puissant… Tout le reste de mon enfance et de mon adolescence se sont
déroulés dans la côte Iberville, entre les rues Rouen et Hochelaga. Nous
n’habitions plus le bas de la ville… Plus tard, il y a eu le
presbytère, cette commune pauvre et la fois la plus riche d’amis, de
création et d’avenir que Jésus lui-même. Après, je suis devenu un gars de
Rosemont. Ma ville s’étendait de la rue Iberville à la rue Saint-Michel,
de la rue Dandurand à la rue Beaubien. Ce sont ces lieux, et les gens qui
les ont habités, qui m’ont construit. J’écris peu, donnant difficilement
naissance aux textes. Par contre, Renée, ma conjointe, m’a comblé de deux
formidables fillettes presque femmes maintenant. Et ces naissances là
furent faciles, heureusement. La poésie me passionne toujours autant, bien
que je suis un lent lecteur. Et si lire est long, c’est qu’autant à la
lecture qu’à l’écriture que mon cerveau explose en explorant tellement de
directions que, généralement, je me perds. Je suis perdu...