The Hitchkiker's Guide to the Galaxy (Douglas Adams)

une lecture de Frédéric Lepage


Adams, Douglas. The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy. Londres, Pan Books, c1979, 2001.

The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy defines the marketing division of the Sirius Cybernetics Corporation as “a bunch of mindless jerks who’ll be the first against the wall when the revolution comes” […]. Curiously enough, an edition of The Enclyclopaedia Galactica that had the good fortune to fall through a time warp from a thousand years in the future defined the marketing division of the Sirius Cybernetics Corporation as a “bunch of mindless jerks who were the first against the wall when the revolution came”.

La journée débute bien mal pour Arthur Dent: sa maison doit être détruite pour faire place à une autoroute. Comble de malheur, son ami Ford Prefect lui annonce que la Terre va être détruite pour faire place à une autoroute aussi! Ford lui apprend par la même occasion qu’il est en réalité un extra-terrestre et non pas un acteur au chômage depuis 15 ans...

Les deux hommes réussissent à s’enfuir quelques secondes avant la désintégration de la planète en embarquant clandestinement dans l’un des «vaisseaux-bulldozers». Capturés par l’équipage Vogon (une des races les plus sadiques de l’Univers), ils sont torturés par le capitaine qui leur récite un poème douloureusement abstrait et incompréhensible. Finalement éjectés dans le vide spatial, ils sont sauvés par le Heart of Gold, vaisseau volé par le président de l’espace (un stupide égocentrique comme il se doit) et sa petite amie (intelligente comme il se doit). Les quatre improbables compagnons, aidés par un robot dépressif, découvrent une planète réputée disparue et aux richesses légendaires. Par un autre incroyable coup du hasard, Arthur Dent apprend enfin les origines, pitoyables, de la Terre.

Faire un résumé de ce roman britannique (le premier d’une «trilogie de cinq») est un exercice ardu et, disons-le, inutile. Les situations se succèdent sans logique apparente, les personnages sont peu définis et n’évoluent guère. L’intérêt du livre se trouve plutôt dans son humour, dans ses scènes qui dérapent presque toutes dans l’absurde: un raisonnement peut ainsi arriver à la conclusion logique que l’existence de Dieu prouve en fait son inexistence.

Le comique survient par détournement: un événement ou une description semblent se dérouler normalement, mais quelques mots du narrateur à la fin d’un paragraphe suffisent à tout faire basculer. Une invasion galactique se termine dans la bouche d’un petit chien «due to a terrible miscalculation of scale». La radio (invention commune à tout l’Univers apparemment) est devenue si simple à utiliser… qu’il est impossible de choisir un poste. Le mérite de l’auteur, Douglas Adams (1952-2001), est d'utiliser un humour pince-sans-rire. Plutôt que d’insister à gros traits sur l’étrangeté des situations, il se contente de les présenter avec flegme dans le but de les banaliser: «Vogon poetry is of course the third worst in the Universe. […]» Bien sûr, au lieu de diminuer l’absurde du roman, cette narration pleine de litotes ne fait que l’accroître davantage.

Le thème de l'exploration de l'Univers est en réalité secondaire et il sert de justification à des événements insolites. S'opposant à ce qu'un ordinateur détermine le sens de la vie, les philosophes d'une autre dimension réclament «rigidly defined areas of doubt and uncertainty!». Les personnages et les mondes extra-terrestres deviennent des prétextes pour des diversions amusantes.

Les lecteurs qui s’attendent à un roman de science-fiction bien construit seront déçus: l’intérêt diminue rapidement lorsque l’auteur s’efforce de faire avancer le récit. Ceux qui savent apprécier une belle écriture seront comblés cependant. L’humour est un art difficile, où l’imagination de l’auteur doit être soutenue par une narration bien maîtrisée. Les imprécisions et les mots superflus doivent être évités afin que l’effet comique puisse agir en toute efficacité. La plume d’Adams possède la fluidité et la concision indispensables à ses créations absurdes : cette économie de mots fait autant plaisir que la douce folie du récit.

Les francs éclats de rire qu'il suscite et la qualité de son écriture font de The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy un roman à la fois divertissant et stimulant. Des amateurs continuent à gérer le site officiel de Douglas Adams, mort en 2001. Des informations sur son oeuvre peuvent y être consultées ainsi que ses réponses à ses lecteurs.

 

Frédéric Lepage
février 2008


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