une lecture de Frédéric Lepage
The
Hitchhiker’s Guide
to the Galaxy defines the marketing division of the Sirius Cybernetics
Corporation as “a bunch of mindless jerks who’ll be the first against
the wall
when the revolution comes” […]. Curiously enough, an edition of The
Enclyclopaedia Galactica that had the good fortune to fall through a
time warp
from a thousand years in the future defined the marketing division of
the
Sirius Cybernetics Corporation as a “bunch of mindless jerks who were
the first
against the wall when the revolution came”.
La journée
débute bien mal pour Arthur Dent:
sa maison doit être détruite pour faire place à une autoroute. Comble
de
malheur, son ami Ford Prefect lui annonce que la Terre va être détruite
pour
faire place à une autoroute aussi! Ford lui apprend par la même
occasion qu’il
est en réalité un extra-terrestre et non pas un acteur au chômage
depuis 15
ans...
Les deux hommes réussissent à s’enfuir quelques secondes avant
la
désintégration de la planète en embarquant clandestinement dans l’un
des «vaisseaux-bulldozers».
Capturés par l’équipage Vogon (une des races les plus sadiques de
l’Univers),
ils sont torturés par le capitaine qui leur récite un poème
douloureusement
abstrait et incompréhensible. Finalement éjectés dans le vide spatial,
ils sont
sauvés par le Heart of Gold, vaisseau volé par le président de l’espace
(un
stupide égocentrique comme il se doit) et sa petite amie (intelligente
comme il
se doit). Les quatre improbables compagnons, aidés par un robot
dépressif,
découvrent une planète réputée disparue et aux richesses légendaires.
Par un
autre incroyable coup du hasard, Arthur Dent apprend enfin les
origines,
pitoyables, de la Terre.
Faire un résumé de ce roman britannique (le premier d’une «trilogie de
cinq»)
est un exercice ardu et, disons-le, inutile. Les situations se
succèdent sans
logique apparente, les personnages sont peu définis et n’évoluent
guère.
L’intérêt du livre se trouve plutôt dans son humour, dans ses scènes
qui
dérapent presque toutes dans l’absurde: un raisonnement peut ainsi
arriver à la
conclusion logique que l’existence de Dieu prouve en fait son
inexistence.
Le comique survient par détournement: un événement ou une description
semblent
se dérouler normalement, mais quelques mots du narrateur à la fin d’un
paragraphe suffisent à tout faire basculer. Une invasion galactique se
termine
dans la bouche d’un petit chien «due to a terrible miscalculation of
scale». La
radio (invention commune à tout l’Univers apparemment) est devenue si
simple à
utiliser… qu’il est impossible de choisir un poste. Le mérite de
l’auteur,
Douglas Adams (1952-2001), est d'utiliser un humour pince-sans-rire.
Plutôt que
d’insister à gros traits sur l’étrangeté des situations, il se contente
de les
présenter avec flegme dans le but de les banaliser: «Vogon poetry is of
course
the third worst in the Universe. […]» Bien sûr, au lieu de diminuer
l’absurde
du roman, cette narration pleine de litotes ne fait que l’accroître
davantage.
Le thème de l'exploration de l'Univers est en réalité secondaire et il
sert de
justification à des événements insolites. S'opposant à ce qu'un
ordinateur
détermine le sens de la vie, les philosophes d'une autre dimension
réclament «rigidly
defined areas of doubt and uncertainty!». Les personnages et les mondes
extra-terrestres deviennent des prétextes pour des diversions amusantes.
Les lecteurs qui s’attendent à un roman de science-fiction bien
construit
seront déçus: l’intérêt diminue rapidement lorsque l’auteur s’efforce
de faire
avancer le récit. Ceux qui savent apprécier une belle écriture seront
comblés
cependant. L’humour est un art difficile, où l’imagination de l’auteur
doit
être soutenue par une narration bien maîtrisée. Les imprécisions et les
mots
superflus doivent être évités afin que l’effet comique puisse agir en
toute
efficacité. La plume d’Adams possède la fluidité et la concision
indispensables
à ses créations absurdes : cette économie de mots fait autant
plaisir que
la douce folie du récit.
Les francs éclats de rire qu'il suscite et la qualité de son écriture font de The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy un roman à la fois divertissant et stimulant. Des amateurs continuent à gérer le site officiel de Douglas Adams, mort en 2001. Des informations sur son oeuvre peuvent y être consultées ainsi que ses réponses à ses lecteurs.
Frédéric Lepage
février 2008