un poème de Fabienne Roitel
Les jours de fêtes, nous suivons les gens heureux au bord du fleuve comme une ceinture de femme qui arpente les battures. Les mots portent alors la vocation de l’amour et la légèreté. Le sentiment de la beauté demeure intact malgré les vilenies de la misère toujours inachevée et toujours aux abois.
La parole voyage autour de moi et me donne des ailes. Les oies migrent sans que je puisse deviner l’escale proche ou lointaine qui sera la dernière. Des ciels encombrés de promesses et de pleurs ont trop nourri les champs ignorants du sang qui les abreuve – partout des continents et des océans pour diluer les crimes et les regrets -
Alors
Nous allons écrire, dit-il un sourire dans la poitrine.
Nous allons imaginer un violent orage de larmes dans la mer
Un flocon de l’hiver au milieu d’une tempête
Et un poème incandescent dans la foudre
Alors
Je serai une respiration chaude et cristalline
Je partagerai l’écriture et remuerai les mots et leurs plaies
Mes gestes, ma voix, un peu ailleurs, un peu ici, un peu aux autres
feront des signes, rendront l’hospitalité.
Et dans l’étendue émouvante et incertaine des jours de fête,
j’essaierai de promener mon regard à l’infini. Obstiné, il se
diffracte mais aussi, il m’appartient.
Fabienne Roitel
décembre 2011