un poème de Florence Saillen
J’aime la dignité d’un être quand le
malheur s’abat sur lui
Sa force
Sa robustesse
Sa façon de s’approprier l’intrus pour mieux le vaincre
J’aime ceux qui se mettent debout pour lui faire face
Avec confiance
Sans désespérer
Avec détermination
Sans jamais s’incliner
Tous ceux que la
vie a égratignés
Ceux qui n’ont pas de nom mais une volonté
Ceux qui savent que vivre est sacré
Ont passé par le feu pour être purifiés
J’aime ceux qui écrivent avec leur sang
Une histoire connue d’eux seuls
Ils laissent une trace dans les mémoires
Parce qu’ils ne renoncent pas à lutter
Pour exister
Je plains ceux qui restent sur les bas-côtés
À maugréer ou à gémir
Sans avancer
À pleurer sur un passé
Qu’ils ne peuvent plus changer
Ou sur un avenir
Dont ils attendent le pire
Les aléas de
l’existence
Façonnent un être
Brisant à tout jamais
Le miroir artificiel du paraître
L’illusoire idée d’être parfait
J’aime
la fragilité qui se fait force
Lorsque rien ne va plus
Lorsque tout semble perdu
J’aime le côté tragique de nos destinées
Cette saveur d’une lutte qui se veut acharnée
Sa sève se répand en mes veines
Et se fait source
D’un bonheur qui se passe de mots
Qui surpasse les maux
Il est l’essence qui m’emmène
Toujours plus haut
Florence Saillen
janvier 2009