un poème de Florence Saillen
Le mot fait peur
Et fait fuir
Le banal quotidien n’intéresse plus personne
Aller toujours plus loin
Plus haut
Ce que l’on a ne compte plus
C’est ce qui manque qui nous tue
L’ambition se fait vampire
Et ne laisse aucun répit
L’insatisfaction de l’être empire
Cruel désir inassouvi
Le bonheur se niche pourtant
Dans le clin d’œil du présent
Moment subtil et magique
Où la conscience de soi
Nargue superbement
L’issue tragique
Aussi simple que déroutante
La routine ne laisse jamais indifférent
Paradoxe pour les dilettantes
Elle est une autre façon de concevoir
Le temps qui passe
Et son lot de contentement
J’aime savourer ces moments creux
Où le cœur vogue comme il le veut
Instants de plaisir et de détente
Délivrés de toute pression
Libérés de toute attente
Je fais l’éloge aujourd’hui
D’une autre façon de vivre sa vie
Sans fracas et sans bruit
Sans ambition particulière
Et sans cri
Juste cette sensation forte d’exister
Et ce besoin irraisonné
De sérénité
Florence Saillen
février 2009