un poème de Florence Saillen
Je signe, telle la pose d’un verrou
Je m’affirme, tout en restant dans le flou
La première lettre est posée
Mise à mort de suite à peine créée
Le geste peut être sûr et agressif
Mais aussi parfois lent et dégressif
Le tout barré dans un élan non réprimé
Présenté dans sa plus grande complexité
Je me cache derrière elle
Lui faisant dire mon essentiel
J’aime la dessiner, l’amadouer
Ma belle signature inachevée…
Je crois en elle comme en l’armure
Qui protège l’être qui se cache
Je l’aime parce qu’elle me rassure
À sa Violence je m’attache
Coup de crayon presque anodin
Plume cynique enflammée
Pas même un roi ni un devin
Ne comprendra la condamnée
Florence Saillen
mars 2010