La bruyère

un poème de François Veillon


Rose cloche immortelle,
Bruissant au moindre friselis
Tapissant les asphodèles
D’un grand manteau de fins surplis.

D’un port altier elle répand
Ses colonies à travers bois
Pour étouffer le pas des faons
Quand traqués ils sont aux abois.

Dans la sylve elle se cache,
Les pieds rugueux des pins géants
Préservant des coups de hache
Les troncs dressés offerts au vent.

Bien que n’étant capiteuse
Elle à pourtant beaucoup donné ;
Ses racines pour ceux qui creusent
Et ses tiges pour les balais.

Érica la brise-pierre,
Ainsi antan l’a-t-on nommée
Pour céans elle n’est pas fière ;
Elle a perdu sa renommée.

 

François Veillon
août deux mille dix


 
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