un poème de François Veillon
Je suis un ouvrier qui se doit de produire
Dans l'usine de pointe où il ne sied pas de rire.
Tôt dès le matin, si j'ai la main heureuse,
J'introduis sans retard mon nom dans la pointeuse.
Et me voilà parti vers un destin connu,
Pour huit heures de rang oeuvrer en continu.
Acceptez, point de résistance, car il serait dommage,
De priver vos banquiers en étant au chômage.
Il faut être craintif, soumis et diligent,
Quand l'usine dimanche a des besoins pressants !
A tous ceux qui nous commandent,
De l'agent de maîtrise au cadre supérieur,
Voici que je demande
Dans le travail des jours meilleurs.
François Veillon
juin deux mille onze