un poème de François Veillon
Il me plaît, ce pâle soleil d’hiver dispensant des rayons qui ne sont chaleureux, mais la lande, les bois et les bosquets s’en trouvent embellis.
J’aime voir miroiter le tronc des solitaires où la rosée s’égare et sur le sol baigné par la lumière crue, des girolles confuses de se voir dénudées, offrent au grand jour leur parure d’albâtre.
Il me plaît, car il éclaire des sites entourés de mystères, où la nature dort, préparant en secret l’explosion du printemps.
Il me plaît, ce frais soleil de décembre, qui estompe l’azur mais qui fait espérer des lendemains heureux.
Il me plaît quand il se cache, rougeoyant les lisières et la cime des pins, remettant à demain un peu de son ouvrage, afin qu’un jour encore, il dispense à nouveau la magie scintillante de sa lumière d’or.
François Veillon
juillet deux mille dix