Trois hommes d'affaires

un poème de François Veillon


Le cœur blessé par l’imposture
D’une traîtrise singulière,
Je vois trois hommes à fière allure,
En complets gris le port austère.

Le cheveu rare et l’œil glacé
Ils font le monde à leur façon.
La poigne sûre, le nerf d’acier
Ils sont en pleine conversation.

Valeurs et places financières,
Chacun bien sûr veut un morceau.
Ainsi céans vont les affaires,
Sans ingérence ni char d’assaut.

Que ferons nous dans cette Europe
De tous ceux par nous licenciés ?
Ne faites pas le philanthrope !
Et songez plutôt aux mois boursiers !

Bien sûr nous avons moins la guerre,
Et bien des larmes sont essuyées.
Mais attendant du Verseau l’ère,
Nous sommes les pions des argentiers.
 

François Veillon
juin deux mille dix


 
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