La vieille source

un poème de François Veillon


Elle coule sereine,
En dépit des années
Et son débit parfois
Est un filet menu
Mais qui chuchote encor
Pour ne pas se tarir

Elle attire toujours,
Par son profond mystère
Les enfants des enfants,
Qui par curiosité,
Sont toujours envoûtés
Par son chant abyssal,
Venant d’on ne sait où.

Elle cache ses sanglots
Dans un lit de bruyères
Et l’onde qu’elle donne,
A mouillé bien des mains
Fait rêvé les poètes
Et apaisé les chagrins
Des humains solitaires

Pourra-t-elle encore,
De son cœur généreux
Verser dans le ruisseau
Le reste de son âge
Avant que l’homme demain
Ne la juge obsolète
Et ne l’occulte à jamais
Dans un cercueil de pierre.

 

François Veillon
avril deux mille onze


 
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