un poème de Paul Laurendeau
Évoquerai-je ça la senteur paysanne
Du poêle ancien d’une cuisine
Où virevolte une cousine
Toute à la confection d’une antique tisane?
Évoquerai-je là ces tuiles sympathiques,
Beiges puis ces vieux murs aux lattes empathiques?
Voilà… j’évoque… et tout autant.
En est-il pour les verts auvents,
Pour la pendule et les armoires
Et pour la copie d’une Renoir.
… Voilà j’évoque, en mots, cette jolie cuisine
Que cousine Anne embaume de candeur taquine.
Jolie cuisine, écrin propret
De ma cousine aux joues de lait,
Tiens, je te croquerais comme une collation!
… Vois là phrase-dessert à mon évocation.
Et, après conclusion d’évoquer ce local,
Il est de mes fidèles mots
Comme d’un onctueux sirop
Et ils se stratifient au fond d’un vieux bocal.
Alors vole, discret, du pot des souvenirs,
Vaporeuse subtilité,
La jolie tisane bleutée
Des yeux de cousine Anne parfumés de rire.
Paul Laurendeau
août 2008