Un fou

un poème de Paul Laurendeau


Et c’est alors, hé, hé… que s’avança un fou.
Il avait quatre dents cassées… un vaste trou.
Il parlait… étant fou… de misères cruelles,
En traversant, laid spasme, une gare irréelle.

Le fou... c’en était un… souriait sottement.
Il chanta les liqueurs et la chair gravement.
Il bavait, verts sagouins, ses vieux mots culottés.
Ses yeux, délavés, grands, pétillaient sans clarté.

Il fit deux entrechats et quatre cabrioles.
Et puis il s’en alla, drapant sa verve folle.
Mais par le biais igné de son souffle fétide,
Il m’avait insufflé sa follerie lucide.

 

Paul Laurendeau
juin 2008

 


 
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