un poème de Paul Laurendeau
Imane catapulte le dédain des distances
Et me fait sentir le palpitement de son sein.
Ses sentiments pulpeux, torrides, crus et denses
Efflilochent pour jamais l’angoisse du lointain.
D’Imane, la bouche d’Imane canalise son souffle.
Et mes terreurs se taisent, et ma salive dessale.
Non, elle n’a plus de voile mais j’ai encor des moufles.
Elle est belle et liquide. Je suis hideuse et sale.
Imane émane… et moi je replie le moment
Comme un origami dont Imane fond la forme.
Quand d’Imane se tarit le cardinal torrent,
Elle retrouve son figuier. Je retrouve mon orme.
Si Imane est fugace, oh c’est de s’imprimer
Aux tréfonds de mes chairs et de les labourer.
Si Imane est de roc, là c’est de s’envoler,
Vapeur évanescente de paroles irisées…
Paul Laurendeau
septembre 2011