Oeuf

un poème de Paul Laurendeau


Ô globe de calcaire,
Oeil ovale aux paupières
Ôtées,
Ô berceau, ô tombeau
D'un oiseau en sirop
Resté

Ô panse de bonhomme,
Porcelaine enflée comme
Un pleur,
Ô blanc bol de faïence,
Fragile rotondance,
Froideur

Énigme sans repli,
Poussah lourd et rempli
De glace,
Coquillage d'écume
Que marteaux et enclumes
Menacent

Quand mon ongle te racle,
Je te sens qui renâcle.
Ta coque
Semble appeler sa mort.
Au coin de mon remords
Tu toques.

Puis voilà, tu éclates,
Peu reluisant et... plate
Destin.
Et ta trame se morve
Au fond d'un chaudron torve.
Festin!

Sphère en mort et en vie
Que cassent trois petits
Chocs clairs,
Voilà: je te respecte,
Dur et fragile spectre,
Mystère.

Paul Laurendeau
janvier 2008

 


 
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