Effets secondaires (Colette Larose)

une lecture de Pierre Rivet


Colette Larose. Effets secondaires (portraits-récits). Montréal, Périclès, 2005.

J’ai déjà, sur ce site, fait le compte rendu des deux premiers recueils de nouvelles publiés par cette travailleuse sociale de Montréal. En complément de l’entretien qu’elle a accordé à écouter lire penser en juin 2006, voici la recension de sa troisième et plus récente publication qui s’intitule Effets secondaires.

Comme l’auteur travaille maintenant dans une polyvalente de Montréal, on ne s’étonnera pas qu’elle prenne comme sujet les adolescents qui l’entourent. À dire vrai, j’avais un peu peur d’être déçu par ce livre. J’avais eu un avant-goût, lors d’une lecture publique de ce recueil par deux jeunes comédiens, de certaines nouvelles qui le compose et en avait gardé le souvenir de textes au sujet évidemment intéressant, mais d’une facture un peu lourde, pour ne pas dire scolaire.

Mes doutes furent vites balayés à la lecture des premiers portraits que peint Colette Larose des adolescents qui peuplent son monde. Il ne s’agit pas ici de nouvelles mais bien de portraits de jeunes gens, garçons et filles, fréquentant une polyvalente de Montréal. Des portraits très précis malgré le style très dépouillé de l’auteur et sans aucun misérabilisme, ni aucune des complaisances mélodramatiques que le sujet pourrait amener. Malgré les différents drames et problèmes qu’affrontent ces enfants, il y a toujours comme une lueur d’espoir et, surtout, une grande tendresse à leur endroit. En effet, Colette Larose pose un regard très lucide sur le système scolaire et les adultes qui doivent composer avec celui-ci au quotidien.

Madame Larose, en plus de nous faire connaître, aimer et comprendre des jeunes qui ont pour noms le Prince, la Toute Petite, la Tutsie, le Cubain, le Veilleur de nuit, la Déesse urbaine, etc., nous parle aussi de ces héros méconnus du quotidien que peuvent être une infirmière en milieu scolaire, un professeur, un directeur ou un simple gardien. En plus d’être d'un intérêt ludique certain, la littérature a ici pour fonction de nous brancher directement sur une réalité méconnue qui nous rejoint tous. Comme le dit la quatrième de couverture: «Vous avez entre les mains un livre rare. Ne le laissez pas tomber. Ne détournez pas le regard. Vous êtes sur le point d’entrer dans la vie de nos ados. Des jeunes qui n’ont pas laissé tomber. Et des adultes aimants qui n’ont pas détourné le regard.»

À mon humble avis, Effets secondaires est une œuvre à mettre entre toutes les mains, que l’on soit parent d'adolescent ou non.

Pierre Rivet
juillet 2006


 
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