Glaces (refonte*)

un poème de Richard Monette


à Marc Morissette
et les amis de la terre

 

De l’origine l’épaule rouille l’horizon

L’évolution

        De poussières et d’eau sortant ses pas du désert
        Égoïste et sans scrupule

Par la naissance des villes,

        L’humain de glaces
        À cœur caverne
        À corps gratte-ciel
        À cancer de racines en cimes

Et des organisations sociales,

        Recréant (peureux) son environnement
        D’idées fières mais fiévreuses

Dans l’abondance meurtrière d’ornières sécurisantes

        Jusqu’à ses enfants calfeutrés
        Dans l’ignorance maladive de la santé
        C’est son ère sans air
        Et sa terre à gale d’asphalte

Hait le monde vivant,
        Est sans avenir
                Ses rivières décadentes nervures acides

 À la mer l’homme mouille la mort

 

Richard Monette
janvier 2010


* Écrit d’abord en 1989 suite à la mort d’un jeune ami environnementaliste et activiste, puis revu avec six vers en retraits le 17 novembre 2006 face à l’attitude du gouvernement canadien envers le protocole de Kyoto pendant la conférence de Naïrobi.


 
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