un poème de Richard Monette
Depuis que parmi les âges des univers communiquent entre eux
Étrangers aux étranglements, langues emmêlées et frissons frileux
Il faudra bien qu’ils se touchent, amènes et mammifères moelleux
À l’écart des espaces où les époques provoquent des groupes tatoués
Mutilant ma main, j’ai martelé des mots, des monts et des mondes
J’ai agressé par grosseur d’ego, j’ai engraissé de grogne l’immonde
De probabilités alarmistes et fatales en visionnaire que l’on gronde
Mais n’ai de preuves qu’émotions et sentiments humbles de souliers
Je marcherai vers la vie qui, en Soleil mortel, m’attire l’âme humiliée
Je poserai d’abord mes pas, pieds de pauvre pierre, à sa paume désirée
Qu’elle me tire à rebonds ou me noie sombrant aux gestes de l’onde
Et sans poussière ni ardoise, à l’adroite tendresse minutée, n’être vieux
Je fusionnerai à la vie qui en pastelle intelligence attise l’homme replié
Je naîtrai loin des nudités d’horloges mécaniques, là d’où l’heure a
pleuré
Richard Monette
avril 2011