Un bien triste anniversaire

un poème de Richard Monette


(À la douce mémoire de Valérie Bleau décédée
le 27 août 2005 à l’âge de 26 ans)

 

Par les instants de poussières dans l’œil où le pendule blasé
A su se taire au grenier des cordes araignées et lignes demain
Dans l’immobilité triste d’un temps tendu et vain
La déception a sombrée somnambule au sobre sablier
Et que vieille au grain, jamais plus d’autres matins
Le nœud glissant aisé noir au coup des émotions usées.

Comme un déluge pâle de cristaux où s’érode l’hier lacéré
Aux creux de ses rides jeunes à jamais, s’écoule à l’infini,
L’érosion amère des nos rêves par poudre aux yeux rougis,
Ô cruelle absence sans pouls où meure menue l’éternité
Asséchée de mouvements ne trottent les aiguilles ; S’est punie
Suspendue dans nos absurdes crânes cruellement humiliés

Les distants astres de poussières sont
À pas de croques morts étayant le vide
À instance de prière que chœur d’évide
À minute de silence……………………………………………………
À parcourir le vent. À fuir samare
Ô germe de racines ! Enterrée.

Les instantes comètes de poussières sont
Minuscules sous les surfaces
Invisibles à l’œil impatient d’étoiles filantes
Tel univers flottant d’onde au Soleil
Rayon doux émerge l'ange enfin reposée…
Grenailles de Valérie au cœur de nos rites anniversaires.

En corps, je mouille l’œil infiniment.


Richard Monette
août 2011


 
  |  ©  écouter lire penser 2011 |  Site hébergé chez CD-SCRIPT  (merci) |